Aligoté, une identité bourguignonne … « Une p***** d’identité, même ! »

L’événement du 23 avril lancé par Les Aligoteurs est une sorte d’aboutissement d’une idée qui flottait dans l’air depuis plusieurs années… Quelle a été la première « intuition » pour ce Salon autour du cépage Aligoté ?

Laurent Fournier : « Pour un peu, cette idée se serait transformée en serpent de mer … depuis de nombreuses années, plusieurs viticulteurs évoquaient cette idée de promotion autour d’Aligoté de terroirs, d’Aligoté d’auteurs…  sans finalement se jeter à l’eau  ! C’est Philippe Delacourcelle qui a servi de déclic en proposant d’héberger l’événement : un restaurateur qui après un long périple autour du monde, pose ses valises à Flagey-Echezeaux, et propose à la carte de son restaurant Bois Rouge plus d’une dizaine d’Aligotés différents !!! Le serpent s’est transformé en crocodile !!! »

IMG_6872.jpg
Laurent Fournier, vigneron à Marsannay-la-Côte (21)

Quelles valeurs, quelles inquiétudes peut-être, quelle volonté d’agir a rassemblé les membres fondateurs ?

Sylvain Pataille : « Notre but est de parler de l’Aligoté dans sa splendeur. Et de mélanger les styles. C’est un grand cépage, autour de cette table nous en sommes tous convaincus. Pour ma part, mon inquiétude vient du fait que l’Aligoté est toujours perçu comme cépage de seconde catégorie par rapport au Chardonnay. Quand on en parle, la première idée qui vient c’est de l’arracher. Commercialement, l’Aligoté ne se situe pas du tout là où il devrait être. Avec ce seul cépage, on peut largement constituer une gamme, et … plutôt haut-de-gamme ! A travers cet événement, on a envie de faire prendre conscience à nos copains vignerons qui possèdent encore de vieilles vignes d’Aligotés que cela peut se valoriser, devenir même pourquoi pas hyper-médiatique, et que ça le mérite.

Honnêtement ! Peu de cépages ont autant une identité bourguignonne que l’Aligoté. Une p***** d’identité, même. »

SONY DSC
Sylvain Pataille, vigneron à Marsannay-la-Côte (21)

Près de cinquante domaines vont répondre présent. Pourquoi est-ce que l’initiative des Aligoteurs a été si fédératrice d’un coup ?

Philippe Delacourcelle : « L’effet de surprise ? Je pense que chaque vigneron produit une quantité marginale (en dehors de l’appellation Bouzeron) et que personne n’envisageait une action de promotion qualitative pour ce vin. »

philippe-delacourcelle
Philippe Delacourcelle, Chef à BoisRouge (Flagey-Echezeaux – 21) et passionné de vins

SP : « Dès lors qu’on a pris le téléphone pour leur expliquer que nous cherchions à créer quelque chose de fédérateur entre nous, les vignerons ont été à 200 %. Au final, on va accueillir plusieurs dizaines de domaines, dont certains mythiques. Cela dépasse tout  ce que j’aurais imaginé. C’est un super challenge de monter quelque chose qui n’existe pas. »

Quel est l’objectif commercial avoué ? culturel ? Au-delà (philosophique) ?

LF : « Pas d’objectif commercial, seulement un objectif promotionnel, et peut-être aussi un peu philosophique : la Bourgogne ce ne sont pas que des bouteilles inaccessibles, des noms clinquants, ou des caves fermées, ce sont aussi de belles découvertes là où on ne s’y attend pas toujours. »

Quel est l’avantage pour les vignerons de venir présenter leurs Aligotés sur ce Salon ?

SP : « La plupart des vignerons ne viennent pas parce qu’ils en ont besoin financièrement. Ils n’ont aucun intérêt pratique là-dedans. Par contre, se rencontrer et rencontrer des gens qui partagent notre vision de l’Aligoté, ça c’est motivant. »

Quel est le public attendu, que vont-ils pouvoir trouver ici ?

SP : « Des professionnels, des sommeliers curieux, des cavistes, les passionnés – il n’y en a jamais eu autant que maintenant, les curieux du métier, mais aussi des journalistes influents qui sont capables d’en parler. Et y’en aura. Je pense qu’on se fera submerger, même. De toute façon, pour des Aligotés faut déjà être un peu piqué ! Il faut qu’on fasse parler du salon partout. »

 LF : « Des vins qui reflètent fidèlement leurs terroirs, et d’un style complètement dans l’air du temps : des vins tendus, ciselés, minéraux avec de la chair et de la longueur… »

Pourquoi avoir carrément monté une association (Les Aligoteurs) autour des Aligotés ?

LF : « C’est un cépage qui se raréfie. Surtout, il a quasiment quitté toutes les belles places nécessaires à son expression la plus aboutie : pieds et coteaux, sols pauvres (comme le préconisait déjà le Docteur Jules LAVALLE). Sa raréfaction a également un effet désastreux sur la richesse ampélographique que représente toutes les multiples sélections massales (parfois spécifiques à chaque commune viticole). Il est urgent de sauvegarder cette diversité, et de maintenir l’Aligoté sur les beaux terroirs…

Quelle pourrait être l’importance de cette manifestation et de l’association pour les Bourguignons … et les autres régions ?

Ph. D : « Elle pourrait être le point de rencontre professionnel de tous les vignerons qui souhaiteraient développer ce cépage et échanger avec d’autres passionnés. »

 SP : « Sauver la diversité de l’Aligoté ? Ouvrir des voies. »

Les Aligoteurs, le 2 décembre à Paris

Avec quels arguments le petit cépage Aligoté peut-il partir à la conquête de la capitale et notamment des étoilés ?

Laurent Fournier :  » Pour commencer, on ne peut pas parler de petit cépage. Un peu oublié, méprisé, repoussé,… mais c’est un grand cépage à partir du moment où c’est un grand vecteur de terroir, avec un beau potentiel de garde… à condition d’être sérieusement cultivé… Pour les arguments, ils sont nombreux. Pour commencer, du côté des producteurs, il s’adapte remarquablement au changement climatique, se montrant résistant à la sécheresse, à la canicule, … Il se joue des aléas de ces dernières années ! Ensuite, il colle tout à fait à l’idée du vin tel qu’il est souvent consommé dans la capitale : bar à vin, bistronomie, cuisine fusion, cuisine asiatique… Sa fraicheur, sa spontanéité, sa sapidité, non dépourvue de profondeur, s’accorde parfaitement avec les goûts actuels. Enfin, il répond à une attente de nouveauté,  de renouvellement, qui ne va pas sans contrer les idées reçues du type « le Bourgogne c’est trop cher » !! »

Se réunir à la cartonnerie pour des vignerons, c’est marrant. Mais du coup qui a choisi l’endroit ? Et pour quelles raisons a-t-il été validé ?

Laurent Fournier : « C’est un clin d’œil, mais ce n’est pas ça qui a défini l’endroit. Déjà, ce quartier est le fief de la nouvelle cuisine… Ensuite l’endroit n’est pas guindé (comme les aligoteurs), spacieux sans être froid, … Nous avons été quelques-uns à y être aller pour différentes manifestations, mais seul une commission spéciale, une sorte de commando, envoyé dans la capitale, pouvait valider ce choix… Mais pas sans déguster l’une des plus belles tables parisienne (3*), où le sommelier fait dans l’aligoté avec les légumes « maison »!! »

Philippe Delacourcelle : « Oui, nous avons fêté cela chez Alain Passard autour de légumes et d’aligotés!!!!!!! La bonne humeur et la bonne table sont les valeurs assumées des aligoteurs!!! »

Philippe Delacourcelle :  » Le salon des Aligoteurs parisien est l’occasion de rencontrer les professionnels de la région parisienne qui avaient été privés de la première édition à Flagey pour cause de grève SNCF.  »

A Paris, qui espérez-vous rencontrer ?

Philippe Delacourcelle :  » Les cavistes, les bars à vins, les journalistes, les restaurateurs et tous ceux qui font les beaux jours du vins! La communication autour du cépage aligoté passe par Paris car bon nombre de restaurants, bistrots, bars à vins sont demandeurs d’un vin de Bourgogne nouveau sur leur carte et souhaitent appréhender ce cépage de façon globale. Nous avons déjà eu quelques articles dans la presse mais je pense qu’un événement dans la capital nous rapprocherait des journalistes et autres blogueurs pour les convaincre de la qualité de ce cépage. »

Il y a des petits nouveaux chez les Aligoteurs, on en reparlera plus longuement, mais peux-tu déflorer le sujet ?

Laurent Fournier : « Il ont des profils différents, mais un point commun : considérer l’aligoté comme un grand cépage, et ils essaient ou font (en fonction de leur ancienneté!) le nécessaire pour produire bon, et le promouvoir ! Je ne les connais pas encore tous personnellement, mais ils ont répondus aux attentes des aligoté d’auteurs, en présentant de beaux aligotés (dégustés à l’aveugle) et en répondant aux attentes de la charte des aligoté d’auteurs ! »

Il y aura aussi des invités « étrangers » sur ce salon, qui sont-ils ? Pourquoi eux ? Est-ce qu’ils sont structurés pour défendre leur cépage ? Est-ce que l’exemple des Aligoteurs les motive pour faire de même ?

Laurent Fournier :  » Etrangers ?? C’est vrai qu’ils ont un accent !! Non, sans rire, l’idée était d’inviter, de bonnes et bons vignerons, réunis par la défense d’un cépage, qui, à l’instar de l’aligoté, est injustement déprécié… Et, allez savoir pourquoi, on a tout de suite penser au gamay, et en y réfléchissant un peu plus (ça nous arrive), on s’est dit que si ce gamay ne venait pas du Beaujolais, et qu’il soit un peu « spécial »…  ce serait encore plus rigolo et intéressant ! Du coup Gamay Saint Romain des Côtes Roannaise et du Forez en Guest Star pour ce second salon !! Pour ne rien gâcher, il y avait 3 ou 4 domaines dans notre viseur que l’on connaissait un peu, et que l’on savait travailler super bien, avec des valeurs proches des nôtres… »

Et sinon, l’association des Aligoteurs, ça roule ?

Philippe Delacourcelle : « Le bureau se réunit tous les mois pour faire le point de l’organisation du salon et d’autres projets en cours. Nous essayons de délocaliser les réunions chez d’autres vignerons pour répartir l’organisation. Nous discutons du présent et de l’avenir… quoi faire pour que notre cher aligoté soit reconnu à sa juste valeur! »

Tous à Paris !

Les Aligoteurs se retrouveront à Paris le 2 décembre 2019. Nouveau bureau, nouveaux vignerons, et un cépage invité : le Gamay Saint-Romain. Néanmoins le projet reste le même, attirer l’attention sur un cépage bien bourguignon qui n’a pas dit son dernier mot. L’association qui soutient le salon est constituée principalement de vignerons et s’engage en toile de fond pour la promotion de l’Aligoté et sa conservation.

L’Aligoté à l’épreuve du temps

Le magazine Bourgogne Aujourd’hui se penche sur le potentiel de garde de l’appellation. Dégustation dans la cave de Jean-Marc Pillot à Chassagne-Montrachet, un rendez-vous avec des millésimes de 2015 à 1985.

p18-20-Aligote-142-ok-web-1p18-20-Aligote-142-ok-web-22p18-20-Aligote-142-ok-web-3

Salon des Aligoteurs, le programme du lundi 23 avril 10h-18h

« Allo ? Oui, c’est Jérôme, on est à quinze jours de l’événement… Faut qu’on rassemble les troupes, que toute les pros viennent lundi !  »

Allez, allez ! Un dernier coup de collier avant l’événement tant préparé, tant soigné, tant attendu ! Bouclée, la réunion du 4 avril avec les exposants vignerons (la liste ici), l’événement se précise encore. Les Aligoteurs (les membres ici), après avoir dessiné, voire rêvé, un événement tout à fait original autour du cépage Aligoté et tissé fil à fil une vision pleine d’amitié, de cohésion, de bonne humeur, s’embarquent maintenant pour de bon. Désormais, on rentre dans le concret, on parle de verres, de tables, d’horaires, de sponsors (la liste ici)… Ça sent bon la réalisation.

Ça sent bon le printemps aussi, les bourgeons qui enflent, les premières fleurs qui explosent dans le parc de BOISROUGE où se tiendra la manifestation (le plan d’accès ici). Lien d’inscription pour les retardataires ici (attention réservé aux professionnels du vin): https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScgP-P2qH43-idyKB7hIiyqH8MbGDIPIy2UUhXC6gH94niPuA/viewform 

Ça sent bon les petits plats qui se préparent. « Qu’est-ce qu’on pourra grignoter sur place ? Qu’est-ce qui se marie bien avec l’Aligoté ? » Réponse lundi, les amis !

En attendant voilà le programme du lundi 23 avril :

Pour les exposants, la journée commence à 8h30 : on vous attend autour d’un café

9h : on installe les stands

9h45 : Philippe Delacourcelle, président de l’association et hôte de l’événement se fendra d’un discours

10h : C’est Aubert De Villaine qui ouvrira la dégustation suivi d’un point sur l’ampélographie par Jean-Claude Rateau

10h30 : Début de la dégustation

12h30-14h30 : Buffet préparé par Philippe Delacourcelle

17h : Fermeture de l’accueil

18h : Fin du salon

 

 

Les premiers inscrits

Les derniers inscrits en date sont …

Domaine Hubert Lignier
Maison Boisset
Domaine de la Jobeline
Domaine Nicolas Maillet
Domaines Roux
Domaine Antoine OLIVIER
Domaine Charles AUDOIN
Domaine Bruno CLAIR
Domaine René BOUVIER
YOUNG Inglewood Vineyards
Domaine de la SOUFRANDIERE /  BRET Brothers
Domaine Bertrand MACHARD  de GRAMONT
Domaine Thibault LIGER-BELAIR
Domaine GACHOT MONOT
Maison Nicolas MORIN
 Domaine Benoît ENTE

Le premier Salon de l’Aligoté a enregistré ses premières inscriptions … !  Découvrez pas à pas les participants !

 

Domaine Jean FOURNIER

Domaine Pierre MOREY
Domaine Nicolas FAURE
Domaine CHEVROT
Domaine GOUFFIER
Domaine BONNARDOT
Domaine Éric BOIGELOT
Domaine Agnès PAQUET
Domaine  PONSOT
Domaine  LES CHAMPS DE THEMIS (- Xavier MOISSENET)
Domaine  du Vieux Collège
Domaine  Sylvain PATAILLE
Maison BELLES LIES
Domaine de VILLAINE
Domaine Vincent DUREUIL
Maison Alex GAMBAL
Domaine PAVELOT Luc et Lise
Maison AMBROISE
Domaine Jean-Hugues et Guilhem GOISOT
Domaine ROUGEOT Père et Fils
Domaine Fabien COCHE
Domaine Recrue des Sens
Domaine et Maison SEXTANT
Domaine  Pierre-Louis  & Jean-François BERSAN
Domaine  Catherine et Claude MARECHAL
Domaine  Manuel OLIVIER
Domaine  Jérôme GALEYRAND
Domaine  Arnaud ENTE
Domaine  P. et M.JACQUESON
Domaine  d’EDOUARD
Domaine  LEJEUNE
Domaine  Olivier MORIN
Domaine  François MIKULSKI
Château de ROUGEON – BOUCHARD  Dominique